Les guerres de religion

LES DRAGONNADES

Le 16ème siècle, période de conflits religieux, voit le protestantisme, initié par Jean CALVIN, s’ancrer en terre Poitevine.
L’édit de NANTES (1598) signé par Henri IV, alors tout nouveau roi de France, mettra un terme aux conflits opposants catholiques et protestants. Il permettra l’implantation solide du culte protestant en Poitou où des places fortes et des garnisons se positionneront à THOUARS, ST MAIXENT, NIORT…

C’est au début du 17ème, que LOUIS XIV « le roi soleil » décidera l’unification du royaume pour lutter contre les envahisseurs et obligera les protestants à revenir vers « la vraie religion ». Différents systèmes, notamment les sur-taxations imposées aux familles protestantes par COLBERT, sont cependant jugées insuffisantes. MARILLAC, intendant du POITOU, invente une nouvelle méthode d’oppression « les dragonnades ».

Les « dragons » nom donné aux soldats de Louis XIV, résident alors dans les foyers Huguenots afin d’obtenir l’abjuration des protestants.
En moyen POITOU, on chiffre à 38.000 le nombre de protestants ayant signé « le rôle » des nouveaux convertis (nom du document que faisait signer les dragons).


FRESSINES, communauté à majorité protestante, vécut donc au plus près ces célèbres dragonnades dont la région fût le théâtre.
En 1681, sous l’action des persécutions exercées par les dragons du roi, 328 habitants de FRESSINES renient leur religion.


AU DESERT

En 1685, Louis XIV, estimant qu’il n’y a plus de protestants, révoque à FONTAINEBLEAU, l’édit décrété par son grand-père.
Les pasteurs doivent s’exiler, mais cette obligation ne concerne pas les fidèles.
Les bannis sont accueillis en ALLEMAGNE, en ANGLETERRE et en HOLLANDE.

Ceux qui resteront fidèles au protestantisme entrent en clandestinité, état que l’on appellera «le désert».

Par ce principe les protestants se réunissent la nuit dans les bois, les forets et les champs.
Des assemblées « au désert » se tiennent à FRESSINES, notamment en 1746, au BOIS-MARTIN, et à La CHESNAYE.

Les paysans, hommes et femmes, mais aussi quelques pasteurs revenus de l’étranger sous couverture d’un pseudonyme organisent la prédication.
Les morts sont enterrés la nuit, sans bruit, sur des lopins de terre appartenant aux familles.


LES MARQUES DU PROTESTANTISME

On y trouve là l’origine des petits cimetières présents sur la commune de FRESSINES, mais plus largement dans la région.

En effet le clergé, du 16ème au 18ème siècle, refusait d’enterrer en « terre sainte et bénite » ceux qui n’avaient pas reçus les sacrements de l’église catholique.

Ces cimetières, collectifs ou familiaux, sont caractéristiques par leurs murets de pierres, bordés de haies de buis, et où sont généralement plantés un ou plusieurs cyprès. Il en subsiste encore quelques uns, en plus ou moins bon état, sur le territoire de la commune.

Un autre signe visible du pays protestant est la présence des temples de tailles variées qu‘on trouve dans les bourgs et hameaux du sud des deux-sèvres. Ces lieux publics permettent d’écouter la lecture de la bible et sa méditation. On s’y adresse directement à dieu sans autre intermédiaire que le Christ. Ainsi se justifie l’absence de statues représentant la vierge ou les saints.

Le paysage est parfois ponctué par la silhouette, insolite dans notre région, d’un pin parasol (ou pinier).
Ces arbres du midi doivent leur présence, à compter du 16ème, aux colporteurs qui répandaient les bibles et les ouvrages religieux protestants alors interdits.
Les acheteurs se voient offerts des pignons et être invités à les semer pour marquer ainsi leurs amitiés avec les adeptes du protestantisme.
Les maisons, ainsi marquées par la présence d’un pin parasol, offraient un refuge sûr.

Les lieux dits « le pin » ou « le pinier » marquant la plupart du temps une ferme isolée ou un hameau trouvent dans cette pratique l’origine de leur nom.

Enfin le promeneur, remarquera des villages sans clocher, ni statue du Christ ni monument à la gloire de la Vierge et de l'enfant aux croisées de chemins.
On ne trouvera pas non plus de croix de pierre à l'angle des champs.


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